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Peinture, Art majeur...

Pour discuter des tableaux, des peintres, etc.

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Message par freddy.lombard » Mardi 24 DĂ©cembre 2013 11:17

Pour nombre d'entre nous, bien que convaincus que la photo est l'Art ultime ou tout du moins un Art majeur, nous n'en restons pas moins convaincus que la peinture représente encore un autre univers.
Même si on ne la place pas "au-dessus" de la photographie, on doit bien lui reconnaître au moins cinq points :
- son antériorité (la peinture existe depuis les origines de l'homme)
- la difficulté technique, le savoir-faire indispensable si l'on veut figurer ce que l'on souhaite
- le temps d'exécution
- la difficulté de création : on part d'une feuille blanche, tout est à faire, les paramètres paraissent encore plus nombreux qu'en photographie
- les possibilités infinies de représenter la réalité telle qu'on l'imagine - même si la photo laisse pas mal de liberté pour l'interprétation.

Alors, spécialiste de la peinture ou simple amateur-spectateur (ce qui est mon cas), je crois qu'il ne faut pas hésiter à l'évoquer, car il me semble que l'on y revient toujours si on s'intéresse aux arts picturaux en général...

Petite suggestion un peu similaire à l'élargissement du fil BD vers la littérature : on a le droit, je suppose, de parler aussi de sculpture (voire d'architecture ?)...
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Re: Peinture, Art majeur...

Message par Havoc » Mardi 24 DĂ©cembre 2013 18:12

Ca ce limite au mur du salle de bain... :D
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Re: Peinture, Art majeur...

Message par vdragon76 » Mardi 24 DĂ©cembre 2013 22:56

Je pense que toutes les formes d'art (la notion reste à définir) se valent plus ou moins.
Contrairement au peintre, et à part quelques exceptions du type abstractions, le photographe est contingenté à ce qui existe, et doit faire preuve d'une créativité. C'est moins facile à mettre en oeuvre que la peinture, par exemple. L'imagination libre (hors montages, collages et autres cas particuliers) n'est pas son apanage: il fait avec ce qui existe.

La difficulté technique est aussi importante, on la néglige dans le cas de la photographie pour cause d'instantanéité de la prise de vue, faisant fi du travail réalisé en amont et en post-production. Pareil pour le temps d'exécution.
Si on ne part pas d'une feuille vierge, on part d'un viseur vierge: pas plus simple et bien plus contraignant pour les raisons évoquées plus haut.

En ce sens, la digitalisation de l'image est tout de même un plus indiscutable: le peintre peut omettre des parties gênantes dans - par exemple - un paysage. La retouche informatique nous permet enfin de nous rapprocher de cette facilité qui n'était pas notre apanage jusqu'à une date récente. Je ne pense pas qu'un paysagiste "peintre" ait été gêné par des mégots et des papier gras sur un trottoir, ou par des fils télégraphiques devant la Sainte Victoire. A ce point de vue, on pourrait dire que la peinture est (était) plus facile que la photographie.

V.
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Re: Peinture, Art majeur...

Message par Havoc » Mercredi 25 DĂ©cembre 2013 0:00

Bon, mais là je crois que le peintre n'a jamais essayé de faire passer son oeuvre comme une copie conforme. Le photographe digitale par contre...
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Re: Peinture, Art majeur...

Message par naej » Jeudi 26 DĂ©cembre 2013 18:14

Étant un passionné des arts visuels, et étant ancien organisateur d'évènement d'arts visuels, je me permet de donner ma version.

À mon avis, la peinture (tout comme la sculpture et la danse performative, qui est, en quelque sorte, une forme d'art) est au-dessus de la photographie pour un point (que Freddy à soulevé): la technique. Il faut une certaine technique pour permettre à un peinture de vivre. Il faut de plus une bonne imagination pour partir d'une toile vierge à quelque chose de "magique". En photographie, certes, il y a une technique, mais c'est dans sa composition. La seule "technique" qui s'approcherait de la peinture est ce que nous faisons dans la chambre noire. Chacun à sa technique pour faire sortir une image sur le papier, d'abord vierge. D'ailleurs, parlant de cela, pour parvenir à une image sur ce papier, il faut partir d'un modèle (le négatif). Le peintre, quant à lui, peut partir d'un modèle aussi, mais peut tout autant y aller de rien.

Il n'y a qu'une technique photographique qui pourrait être près de celle des peintres: les photogrammes.

Il est vrai que certaines peintures ne nécessite pas une grande technique. On a qu'à penser aux drippings de Pollock ou les oeuvres de Kadinsky (dans mes classes d'histoires de l'art, certains élèves disaient que même des enfants pourraient faire ça).

Autre point, plutôt actuel: Pour beaucoup de gens, quand on achète un réflex numérique (désolé pour ce mot maudit :oops: ), on devient photographe. Ce n'est donc plus la technique de composition qui entre en jeu, mais l'outil. Pourtant, on ne devient pas peintre quand on tiens un pinceau ou un crayon, non? Le numérique a amené une facilité d'opération qui, par le fait même, a démocratisé le métier. On ne compte plus le nombre de (soit disant) photographes s'affichant dans les bottins de toutes sorte, faisant à rabais des images de mariages ou autre.

La question qui se pose aujourd'hui: est-ce qu'il y a une photographie d'art? Il y en a. Un bon exemple actuel est Jeff Wall (et il y en a d'autres, mais c'est le photographe qui me vient en tête en ce moment). Ce photographe qui s'inspire de la peinture pour faire ses propres interprétations:

Image
Si on observe les trois personnages en bas Ă  gauche de l'image dans "Story teller" de Jeff Wall, on constate quelle ressemble Ă  ceci:

Image
(DĂ©jeuner sur l'herbe de Manet)

Depuis ses débuts, la photographie s'est inspiré de ce qui s'est fait en peinture car, comme certains artistes l'ont déjà dit, tout a été fait.

J'aimerais, un jour, parvenir à faire une rupture en photographie. Comme les Automatistes l'ont fait dans les années 30 (voir "Refus Global". Un manifeste sur l'art au Québec). Oui, parvenir à quelque chose qui n'a pas été fait, qui ne s'inspire de rien. Partir d'une feuille vierge et en faire une oeuvre qui n'a pas encore été pensé. Là, on pourra dire que la photographie a rejoint, sinon dépassé, la peinture.

J'espère avoir été clair et cohérent :rire:

Bonne journée!!!
Jean-François
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Re: Peinture, Art majeur...

Message par freddy.lombard » Jeudi 26 DĂ©cembre 2013 20:40

Tu es clair et ton intervention est argumentée.

Sur la technique, qui est au centre de ton message, absolument d'accord.

J'en profite pour rebondir sur quelques points de détail :
- tu mentionnes la danse "performative" comme art; je pense qu'on peut dire simplement que la danse en est un, depuis les origines d'ailleurs
- tu évoques la sculpture; il est vrai qu'il y a de nombreuses techniques. Si l'on parle de la sculpture classique, obtenir un résultat en ôtant de la matière comme de la pierre ou du marbre, on est dans l'extrême difficulté technique (en peinture on peut toujours retoucher...)
- sur les artistes que tu cites, Kandinsky dans une moindre mesure mais surtout Jackson Pollock, euh, comment dire... ue pan entier de l'Art contemporain n'est plus que marché, et depuis longtemps (cf le Number19 de Pollock qui figure dans les 10 œuvres les plus chères du monde en ventes publiques :tete: ).

Et pour faire la transition (marché = marcher :arrow: ) entre l'Art moderne et la sculpture, il n'y a qu'à mettre en vis-à-vis L'Homme qui marche de Giacometti et L'Homme qui marche de Rodin pour mesurer la régression. :mrgreen:
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Re: Peinture, Art majeur...

Message par Jerome K » Jeudi 26 DĂ©cembre 2013 23:04

J'aimerais répondre à 2 points par des fragments d'idées :

le peintre n'a jamais essayé de faire passer son oeuvre comme une copie conforme

Le but initial de la peinture était la mimesis, la reproduction fidèle du champ observé. (Je cite Alberti dans son "De la statue et de la peinture")
En cela, elle a été supplantée largement par la photographie... tant qu'on maintient le jeu de dupe de croire que devant des grains d'argent dilué dans un support ou devant des pixels d'ordinateur on se retrouve devant le signifié de l'image représenté.

L'apport de la photographie

La photographie permet des choses que la peinture ne permet pas.
Je ne citerai que l'exemple de la photographie à haute vitesse (au moyen d'un court éclair de flash ou d'un temps d'expo très court).
L'appareil permet de figer un mouvement et de décomposer une étape intermédiaire que l'oeil seul n'aurait pu isoler et reproduire par le dessin.
Il y en a quantité d'autre qu'il serait intéressant de lister !

Enfin, question subsidiaire, une oeuvre vaut-elle par sa difficulté technique ?
Un mauvais tirage effectué en 5H vaut-il mieux qu'un photogramme admirable effectué en 30s ?
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Re: Peinture, Art majeur...

Message par naej » Vendredi 27 DĂ©cembre 2013 2:24

Selenium a écrit :L'appareil permet de figer un mouvement et de décomposer une étape intermédiaire que l'oeil seul n'aurait pu isoler et reproduire par le dessin.


D'un côté technique, en effet, la photographie parvient à faire ce qu'une peinture ne pourrait faire en quelques secondes. Les Impressionnistes pouvaient peindre, par exemple, un couché de soleil, mais entre le temps où ils commençaient et le temps qu'il finissaient, le soleil avait le temps de se déplacer (et donc, la lumière changeaient tout le temps de la création). Ils devaient donc user d'imagination, ou de mémoire, pour se rappeler la couleur que l'environnement avait lors du début de la création de la peinture.

D'un côté "psychologique", par contre, la photographie ne peut parvenir à interpréter la psychologie, ce que la peinture peut faire. Certaines oeuvres de Dalì est un exemple: Ses toiles étaient sorti tout droit de son imagination fertile, et surtout, de ses rêves. Peut-on refaire une montre molle en photographie? On peut, par contre tenter une copie du rêve, mais cela ne donnera pas le résultat souhaité, certains choses, ou objet, ne pouvant être reproduit de façon fidèle au rêve (du moins, c'est ce que je pense). Il est vrai que, dans le cas de Dalì, un photographe et ami (j'ai oublié son nom, désolé) avait fait une oeuvre où le peintre était en premier plan, et un "rêve" était en arrière-plan: des femmes formant une tête de squelette. D'ailleurs, cette forme acrobatique était, à mon avis, une imitation, ou plutôt, fut inspiré par l'art de Dalì et d'autres artistes (je me souviens d'une peinture où l'on voyait une femme se maquillant devant un miroir. Et si on prenait du recul, qu'on regardait l'ensemble de l'oeuvre, on pouvait y voir un crâne. D'ailleurs, cette oeuvre, antérieur aux oeuvres de Dalì a certainement dû l'inspiré, compte tenu qu'il faisait beaucoup de "double jeux" dans ses oeuvres).

En d'autres mots, la photographie ne peut être totalement fidèle aux rêves, ou à l'imagination, contrairement à la peinture.

Selenium a écrit :Enfin, question subsidiaire, une oeuvre vaut-elle par sa difficulté technique ?
Un mauvais tirage effectué en 5H vaut-il mieux qu'un photogramme admirable effectué en 30s ?


D'une certaine façon, une oeuvre peut se valoir par sa difficulté technique, mais cela n'influencera pas la valeur monétaire de "l'objet". Pour revenir à Dalì, qui, comme je l'ai dit, utilisait beaucoup de "double jeux" dans ses oeuvres (une technique qui, à mon avis, est très complexe), ceux-ci sont reconnus, mais c'est parce que c'est Dalì que la peinture vaut des milliers d'Euros. Malheureusement, parce qu'il est décédé, la valeur de ses oeuvres a augmenté. Si je regarde les artistes que je côtoie, certains on des oeuvres d'une grande complexité technique. Certains mettent d'ailleurs une valeur monétaire plus élevé par rapport à cela. Et à chaque symposium d'arts visuels, ce qu'ils arrivent à vendre c'est des petits tableaux sans grande valeur émotive et sans grande complexité. Malheureusement, l'argent guide l'émotivité de l'acheteur à se procurer une oeuvre... Quant il en a les moyens!

Si je prends ça d'une autre façon:

Du côté de l'artiste, la valeur monétaire de l'oeuvre est en fonction de:
    1- La complexité technique;
    2- Le temps mis Ă  la composer;
    3- Sa valeur Ă©motive.

Du côté du "spectateur" (je généralise car on pourrait aussi dire "acheteur" pour ce qui est de la sculpture et de la peinture, tout comme on peut dire "spectateur" lors d'une performance de danse ou de théâtre), cela se joue différement. Il va acheter si:
    1- S'il en a les moyens;
    2- Si l'oeuvre l'intéresse;
    3- Dans le cas d'une peinture, d'une scuplture ou d'une photographie, dans quelle pièce de la maison ira l'oeuvre (selon la couleur des murs, l'agencement des meubles, etc.).

Pour le spectateur, la complexité technique passe en dernier plan car il y a une certaine ignorance. C'est l'émotion qui achète (quant il en les moyens, bien sûr), pas la connaissance. Certaines personnes (comme moi, sans vouloir me vanter), vont regarder la technique d'une oeuvre et vont l'admirer. Encore faut-il qu'ils sachent reconnaître cette complexité.

J'admets que je ne connaît pas tout en arts visuels, dans ce cas, je m'informe auprès de l'artiste. Si celui-ci semble désintéressé, je passe mon tour. Mais si au contraire il parle de l'oeuvre avec une certaine émotion, un certain émerveillement dans ce qu'il décrit, là, je reste et j'admire. Et dans un même temps, j'apprends :)

Je ne sais pas si, à part moi, d'autres membres du forum ont fait des symposiums d'arts visuels (évènements, souvent à l'extérieur, où l'on présente nos créations, que l'ont met en vente, bien entendu). Une chose que j'ai constaté dans ce genre d'évènement est qu'en photographie, il faut une clientèle spécialisé, ou différente des autres. Dans les symposiums que j'ai participé, il y avait surtout (90% environ) des artistes-peintres. Donc, la clientèle était surtout composé de passionné de peintures. Quand ils arrivaient devant mon chapiteau, ils admiraient, me disaient que c'est beau le noir et blanc, que c'est différent du reste du symposium, etc. Mais ils ne discutaient aucunement de la composition, ne me posaient pas de question sur l'argentique (outre la fameuse question: "on en trouve encore, de la pellicule?"), ou sur la technique que j'utilise (split grading, stand dev, etc.). Bref, tout cela restait très générale. Et au bout du compte, après avoir fait le tour (lorsque c'était le cas), retournaient voir les peintres.

Depuis 2010 que je fais des symposiums, et depuis tout ce temps, je n'ai vendu que 3 photos.

Un photographe admirera certainement le photogramme, mais regardera l'oeuvre travaillé depuis 5h dans le labo. Est-ce qu'il passera outre les pétouilles et autres problème que l'artiste aura eu pendant le travail? Cela dépendra de comment ce dernier présentera et décrivera l'oeuvre, cela dépendra de l'image, et finalement, cela dépendra de l'émotivité et de la réceptivité du client-photographe. Bref, ça dépendra de la mise en marché, et du marché réel.

Bonne journée!!!
Jean-François

P.S.: Faudrait vraiment que j'arrĂŞte de faire des romans :rire:
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Re: Peinture, Art majeur...

Message par Jerome K » Vendredi 27 DĂ©cembre 2013 11:39

J'ai aussi participé à ce genre d'évènements.
J'ai remarqué que pour quasiment toutes mes ventes, la personne était décidée avant d'acheter. J'aurais pu dire ce que je voulais..
Après si je bavarde avec les badauds, c'est aussi pour me faire de la pub et, avouons-le, parce que ça fait toujours du bien à l'égo de parler de son travail à quelqu'un d'autre..

Sinon, tu oublie un "4" fondamental dans les raisons qui poussent quelqu'un Ă  acheter : la valeur sociale qu'il pourra en tirer.
Soit un nom (regardez, voici deux oeuvres phares de ma collection, un "naej" et un "selenium") soit une histoire qu'il pourra raconter à ses invités..

En d'autres mots, la photographie ne peut être totalement fidèle aux rêves, ou à l'imagination, contrairement à la peinture.

Tu peux arriver Ă  un grand niveau d'abstraction en photographie, par l'image ou par le message que tu y met.

La macro, la superposition d'image ( http://www.danielbouzard.com/galeries/t ... hp?album=4 ), une image totalement floue, en filé (http://www.summilux.net/pages/viewgalerie.php?f=71&t=9 ), ce n'est pas de l'abstraction ?

Tu peux jeter un oeil à ce que fait ce Monsieur (http://www.baillymaitregrand.com ) qui va avoir droit à une belle retrospective au musée d'art moderne et contemporain de Strasbourg..

Après, rien que dans le "commercial", la photographie de mode ou de publicité, les marques incites à avoir des résultats de plus en plus barrés..

Là je n'ai développé que l'abstraction en premier degré, par l'image.

L'abstraction en second degré, par le message, elle, ne dépend pas du tout du médium..
Un dialogue entre élément, une comparaison, une mise en situation, tu peux l'observer dans l'ensemble des arts visuels..

Non, la grande différence entre la photographie et la peinture, c'est la taille de leurs empreintes dans l'histoire.
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Re: Peinture, Art majeur...

Message par freddy.lombard » Vendredi 27 DĂ©cembre 2013 17:11

Selenium a écrit :Non, la grande différence entre la photographie et la peinture, c'est la taille de leurs empreintes dans l'histoire.

Si j'ai bien compris ce que tu veux dire, ce serait assez logique, la peinture datant de Lascaux et de la grotte Chauvet, alors que la photo n'a même pas deux siècles..
Penses-tu que cette antériorité justifie que les peintures soient si chères sur le marché des ventes publiques alors que la photo n'atteint pas les mêmes sommets ?
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Re: Peinture, Art majeur...

Message par Toulin » Vendredi 27 DĂ©cembre 2013 18:25

freddy.lombard a Ă©crit :
Selenium a écrit :Non, la grande différence entre la photographie et la peinture, c'est la taille de leurs empreintes dans l'histoire.

Si j'ai bien compris ce que tu veux dire, ce serait assez logique, la peinture datant de Lascaux et de la grotte Chauvet, alors que la photo n'a même pas deux siècles..
Penses-tu que cette antériorité justifie que les peintures soient si chères sur le marché des ventes publiques alors que la photo n'atteint pas les mêmes sommets ?


Tu devrais poser la question au gars qui a enfermé "Les Iris" de Van Gogh dans un coffre de banque, (un banquier australien je crois), juste avant que les acheteurs japonais mettent les pouces et décident de ne plus jouer à l'escalade ! . . . . .

Je pense que le prix des œuvres d'art est tout à fait subjectif et dépend d'un tas de choses qui me dépassent totalement.

:sante:
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Re: Peinture, Art majeur...

Message par naej » Jeudi 02 Janvier 2014 18:43

Selenium a écrit :J'ai aussi participé à ce genre d'évènements.
J'ai remarqué que pour quasiment toutes mes ventes, la personne était décidée avant d'acheter. J'aurais pu dire ce que je voulais..
Après si je bavarde avec les badauds, c'est aussi pour me faire de la pub et, avouons-le, parce que ça fait toujours du bien à l'égo de parler de son travail à quelqu'un d'autre..

Sinon, tu oublie un "4" fondamental dans les raisons qui poussent quelqu'un Ă  acheter : la valeur sociale qu'il pourra en tirer.
Soit un nom (regardez, voici deux oeuvres phares de ma collection, un "naej" et un "selenium") soit une histoire qu'il pourra raconter à ses invités..

Citer :
En d'autres mots, la photographie ne peut être totalement fidèle aux rêves, ou à l'imagination, contrairement à la peinture.

Tu peux arriver Ă  un grand niveau d'abstraction en photographie, par l'image ou par le message que tu y met.

La macro, la superposition d'image ( http://www.danielbouzard.com/galeries/t ... hp?album=4 ), une image totalement floue, en filé (http://www.summilux.net/pages/viewgalerie.php?f=71&t=9 ), ce n'est pas de l'abstraction ?


Tout d'abord, désolé du délai. Je voulais prendre le temps nécessaire pour bien répondre aux questionnements.

Pour ce qui est de l'abstraction, évidemment, je n'ai jamais dit qu'il est impossible d'en faire avec la photographie. Par contre, pour y parvenir, il faut des objets, des éléments concrets que l'on peut alors modifier (par sa perspective, pas la juxtaposition d'images, ou autres procédés...). Il faut une certaine base. La peinture abstraite, quant à elle, ne peut se faire qu'avec une imagination (débridé), car certaines de ces peintures sont partie totalement d'une toile blanche. Une peinture de Kadinsky, par exemple, ne peut avoir été créée à partir d'un objet auquel on a modifié ce qu'il est réellement.

Par contre, la peinture peut aussi abstraite et composé d'objets concrets. On a qu'à regarder les peintures de Picasso. Même Dalì (pour revenir à mon peintre préféré) apportait une perspective irréelle (ou rêvé) à un objet ou un animal réel. Des exemples parfait sont ses montres molles ou ses éléphants aux longues pattes émincés. Modigliani avec ses sculptures de gens hyper fins est aussi un bel exemple. J'avais vu un documentaire sur lui qui disait que ces sculptures ont été créés à partir de ce que l'on peut voir des gens quand ils sont regardé de loin, avec la vision un peu brouillé par la chaleur de l'été.

Pour les Symposiums, tu as raisons. On peut dire ce que l'on veut, tout ce qu'ils veulent c'est acheter l'oeuvre parce qu'ils ont un coup de coeur. L'émotion l'emporte alors sur la connaissance (Il faut l'avouer, il nous arrive parfois que les émotions dépassent nos connaissance lorsque nous prenons une photo). Il y a deux ans, j'ai eu deux exemples de gens qui achète parce qu'ils veulent acheter une photographie ou qui achète sous le coup de l'émotion. Dans les deux cas, ils se foutaient que c'était de la photographie argentique.

Mais je suis comme toi. J'aime discuter de la technique, de ce qui me passionne dans la photographie, et même du plaisir de cette passion (seul plaisir que j'ai maintenant, soit dit en passant. C'est pourquoi j'ai tellement hâte au printemps! Image ). Mon souhait, quand je fais ces symposiums, c'est de rencontrer quelqu'un qui me demandera de venir enseigner la photographie argentique à des jeunes dans une école, ou alors, de donner une conférence sur ma passion de la photographie. Malheureusement je suis pessimiste de nature. Je ne crois donc plus à ce que cela arrive un jour :bigcry:

L'important, pour le moment, c'est ce se faire voir. Le reste viendra probablement après.

Il est aussi vrai que la valeur sociale d'une photographie (dans notre cas), peut inciter à acheter. Je crois qu'ici, nous sommes tous des artistes émergents. Un jour nous arriverons à percer le marché (et son mystère :mrgreen: ). Et je ne pense pas que ce sera seulement qu'à notre décès que nous y parviendrons.

La photographie, surtout argentique, est maintenant un marché de niche. Il faut une clientèle poussé pour acheter parce que c'est, justement, de l'argentique.

L'été dernier, à Québec, j'ai rencontré une artiste qui faisait, outre la peinture, de la photographie (numerdique, il faut l'avouer, mais imprimé sur toile). Elle vendait plus ses peintures que ses photos. Ça le décourageait.

Ça me fait penser qu'à ce genre d'évènement, il ne faut être tête dure en ce sens que l'on ne vendra peut-être pas, mais on se fait voir.

Et puis ici... le marché de l'art tend à décroître. En effet, peu de gens achètent. L'économie n'est pas encore à son meilleur et je ne crois pas que cette année sera mieux. Seul le 1% achètera, et évidemment, ce sera des oeuvres de grands noms. Ça paraît bien pour l'impôt d'avoir un Picasso au lieu d'un Sélénium ou d'un Naej.

L'année dernière, au symposium que j'organisais, ce qui s'est vendu c'est des peintures de coqs. Ça paraît que ma région est principalement agricole :lol: Peut-être devrais-je moi aussi me mettre à photographier des poules et des coqs au lieu de mes paysages et mes "vestiges" ;)

Malgré tout, pour vendre aujourd'hui, il faudrait presque donner. Mais à quoi reconnaît-on le travail? Bien sûr, par l'image elle même. Mais le temps investit, les coûts pour le matériel n'ont pas une certaine valeur? J'ai cru remarquer que non. Le prix est un frein à la photographie, tout comme à la peinture émergente. Seul l'émotion vend aujourd'hui (le nom aussi, mais ça, c'est réservé au 1%).

freddy.lombard a écrit :Si j'ai bien compris ce que tu veux dire, ce serait assez logique, la peinture datant de Lascaux et de la grotte Chauvet, alors que la photo n'a même pas deux siècles..
Penses-tu que cette antériorité justifie que les peintures soient si chères sur le marché des ventes publiques alors que la photo n'atteint pas les mêmes sommets ?


Je crois, Freddy, que la mise en marché des oeuvres de grands noms a aidé pour beaucoup. Les mécènes de l'époque ont aidé à monter la valeur de ces oeuvres. Et pourtant, outre les Rembrandt, Van Gogh, Picasso, Modigliani et autres artistes de renoms, il y a eu des inconnus. Je vais exagérer, mais si on ne prend que son côté artistique, Hitler aurait été un de ces artistes inconnus (bon, il fut connu pour ses atrocités, et je n'appuie certainement pas ses idées. Je ne le cite qu'en exemple, au temps où il était peintre. Je tiens préciser.). Pourquoi eux et pas les autres? C'est, à mon avis, le mécénat qui a joué un rôle déterminant. Aujourd'hui, le mécénat se réalise par les entreprises privées et les gouvernements. Les restrictions budgétaires, dans les deux cas, n'aident certainement pas la culture, qui est la première touchée.

Au Canada, le gouvernement Harper a coupé de plus de 10% le budget de la culture. Et selon la rumeur, dans le prochain budget, la culture va encore y goûter. Cela prouve hors de tout doute que la culture n'a plus sa place dans le gouvernement.

Mais les journalistes sont souvent une bande de chiâleux: alors qu'ils (é)crient sur ces coupures, ils critiquent le gouvernement quand celui-ci dépense près de 100 000$ pour une photographie ou une peinture du Premier Ministre.

Mais ils ont quand même raison de critiquer ce gouvernement qui préfère de loin remplacer des peintures d'un grand peintre d'ici par un portrait de la Reine Élizabeth. La royauté à primauté sur l'art, et ce, même si ce portrait est une peinture. Le gouvernement oubli la complexité d'une oeuvre, ou sa raison d'être (ou la raison qui explique pourquoi elle était placé là). L'émotion n'existe pas pour le gouvernement.

La photographie, tout comme la peinture, a besoin du mécénat pour percer. Pour parvenir à approcher les mécènes, il faut le bouche à oreille, et de bons amis. Un exemple, ici, est Yann Pocreau, jeune photographe de Montréal. Sa renommé vient du fait qu'il est dans le bon cercle d'amis (ou la bonne "cliques" comme ont dit par ici). Il a d'ailleurs une ou deux photographies qui appartiennent à Hydro-Québec, société d'État gérant l'électricité ici. D'ailleurs, dû au fait de ces acquisitions, le photographe a maintenant une certaine reconnaissance qui fait en sorte que ses oeuvres ont pris de la valeur.

Et par le fait même, étant reconnu par un "mécène", il est maintenant, selon nos lois, reconnu comme étant un artiste professionnel.

Mais justement, je terminerais mon laïus par une question: À quoi devrait-on reconnaître le statut d'artiste?

Bonne journée!!!
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Re: Peinture, Art majeur...

Message par fv104 » Samedi 22 Avril 2017 10:32

Il est vain d'opposer deux arts qui se ressemblent un peu mais ont leur propre langage. Au contraire les deux peuvent s'inspirer l'un l'autre afin d'obtenir de nouvelles créations qui contiendraient, par exemple, des références photographiques dans un tableau et vice versa. Le meilleur exemple de ce ''mariage'' est peut être le collage: on utilise des photos pour créer la trame d'un tableau:

http://adrianboswell.com/?post_type=product

En tout cas il m'a semblé urgent de raviver un secteur de discussion indispensable à la photo: il est question d'art, donc de points de vue, et en ce qui nous concerne ici, d'angles de vue.

Et pour essayer de répondre à la question posée au sujet du statut de l'artiste:

une oeuvre d'art est considérée comme telle lorsqu'elle contient tous les ingrédients qui la rendent universelle, un artiste sera reconnu en tant que tel s'il a cette capacité de créer une œuvre qui répond à cette exigence.
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fv104
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