Photographie en milieu froid


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La photographie en milieu froid
(hiver, haute montagne, zones arctiques et polaires)

Dans toutes ces circonstances, l'on est confronté à des paramètres environnementaux, communs pour la majorité, et auxquels il est possible d'apporter des solutions.

Les effets de la température

Elle sera toujours basse, et parfois très basse (bien inférieure à 0° centigrade). Dans un tel contexte, le matériel photographique commencera à poser des problèmes.

Sur la pellicule

Tout d'abord, la pellicule (plus précisément son support), devient alors de moins en moins souple, avec des risques de cassure et de déchirement, ou d'arrachement de certaines perforations (pour les films qui en ont). Il convient d'en être conscient, et de manoeuvrer avec encore plus de douceur et de progressivité le levier d'avancement du film et le mécanisme de rembobinage (pour les films en cartouche). L'emploi d'un moteur (winder), surtout à cadence rapide, est fortement déconseillé.

Autre phénomène, lié à la fois à une faible humidité de l'air et à la rigidité du film : une accentuation des frottements, avec la possibilité de création de charges importantes d'électricité statique. Lesquelles, par un phénomène de décharge (pour une ré-équilibrage des potentiels), vont entraîner l'apparition, dans la chambre noire, et au niveau de la surface sensible, d'aigrettes lumineuses et autres manifestations photoniques, toutes fugaces mais d'intensités suffisantes pour impressionner la pellicule, avant ou après son exposition (et parfois les deux cumulés). Raison de plus pour agir avec lenteur, dans les actions d'avancement et de rembobinage.

Par contre, et dans des limites de température compatibles avec la survie de l'opérateur, il n'y a pas de modifications visibles des caractéristiques et du rendu des films utilisés. Les basses températures ont même un effet ralentisseur sur la maturation (et donc le vieillissement des pellicules), tout comme une action prolongatrice sur la durée de sauvegarde de l'image latente.

Sur le matériel

Les sources d'alimentation

Elles aussi sont soumises à des contraintes diverses. Tout d'abord, et surtout pour les boîtiers les plus récents (qui sont de vraies centrales électriques), le froid a un effet paralysant et limitant sur les performances (capacité totale et débit instantané de courant) des sources autonomes d'alimentation (accumulateurs, piles). Cette influence est variable, suivant la technologie employée. La plus sensible de toutes étant celle dite « saline » ( les piles ordinaires), suivie par « l'alcaline » (donc les piles alcalines), tandis que les piles au lithium présentent de très bons comportements, par températures inférieures à 0° centigrade. En matière d'accumulateurs rechargeables, les NiMh (hydrure de métal) font un peu mieux que les NiCd (Cadmium-Nickel), sans égaler les versions lithium-ion.

Cette perte de rendement est temporaire, et dès que ces sources de courant sont ramenées dans des gammes de températures plus classiques (au-dessus de 10° centigrades), elles retrouvent progressivement leurs performances nominales et habituelles. À défaut de disposer des technologies les plus résistantes (versions au lithium), on peut se dépanner avec l'emploi de plusieurs jeux de rechange, qui sont placé près du corps, et insérés dans l'équipement juste le temps de procéder aux prises de vues, et ensuite retirés pour de nouveau profiter de la chaleur corporelle.

Les pièces mécaniques

Autre problème, mécanique cette fois : le figeage progressif des huiles utilisées dans toute la cinématique de l'appareil (obturateur, diaphragme, avancement du film...). À la clé, et d'abord, un ralentissement de plus en plus marqué des mouvements (surtout au niveau l'obturateur, et aussi du diaphragme) ; pour arriver, finalement, à un blocage complet. Seul remède : une action préventive, menée en atelier spécialisé. Là, le technicien compétent procédera à l'enlèvement complet des huiles prévues pour une utilisation en zones tempérées, avant de les remplacer par des versions spéciales « basses températures », souvent sous forme graphitée, ou à très bas indice de viscosité.

Avec l'utilisation de moins en moins de métal, et de plus en plus de plastique, pour les boîtiers les plus récents, l'on est de plus en plus exposé au risque de fendillement ou de casse des pièces et panneaux en matière organique, suite à un choc, une pression, un effort exagéré, par très basse température.

L'utilisateur d'un boîtier métallique devra se souvenir de ne jamais le manipuler à mains nues, une fois qu'il est descendu en température, sous peine d'y laisser quelques centimètres carrés de peau, collés par la mince pellicule humide toujours présente sur l'épiderme ou bien par la fusion puis le regel de la condensation présente sur le métal.

Les effets de la condensation

Cette condensation se produit quand du matériel a été utilisé par grand froid, puis est ramené dans un local plus chaud (et dont l'air ambiant est aussi plus chargé de vapeur d'eau que ne l'est l'air froid). Non seulement elle affecte toutes les parties visibles et extérieures (boîtier, surfaces optiques et en priorité la lentille frontale) de l'équipement, mais souvent aussi toutes les parties internes, y compris la surface sensible, le miroir (des appareils de type reflex), ,etc.

Ce dépôt interdit un usage immédiat en ambiance chaude, sauf si l'on veut des effets (aussi imprévisibles que difficilement appréciables), de brouillard, sur ses images. Mais également, il empêche un retour rapide à l'extérieur, pour continuer à y travailler, car alors, cette couche humide va geler, et demeurer sous cette forme.

Si le phénomène s'est déjà manifesté, il ne reste plus qu'à attendre que la chaleur ambiante fasse remonter en température tout le matériel, et ensuite que l'évaporation naturelle remplisse son office, en faisant disparaître cette humidité, au bout d'un temps plus ou moins long.

En étant prévoyant, l'on peut contrer cette perturbation prévisible de l'activité, de différentes façons.

Si l'on veut faire une brève pause, avant de recommencer son travail au froid, le plus simple est de laisser son matériel à l'extérieur.

Dans le cas où ce ne serait pas possible, il faut alors emmailloter chaque pièce de l'équipement dans une pochette individuelle ( un sac poubelle, par exemple), drapée aussi serrée que possible (en chassant bien tout l'air qu'il est possible de retirer), et bien hermétiquement fermée (ruban adhésif, bracelets élastiques...). Ainsi, quand les appareils et les optiques vont être rentrés au chaud, il va quand même se produire une condensation, mais bien plus faible que dans les circonstances habituelles. Tout d'abord, parce que la vapeur d'eau ambiante va se déposer uniquement à l'extérieur des emballages provisoires, au lieu de le faire sur toutes les surfaces des matériels (qui sont maintenant bien à l'abri dans leurs pochettes). Ensuite, parce que l'humidité, qui est aussi présente dans le peu d'air resté enfermé dans les paquets, est si faible qu'elle est insuffisante pour se déposer. De plus, avec la remontée en température, elle va être toujours plus négligeable (en terme d'humidité relative).

Si l'on retourne à l'extérieur, l'on peut alors recommencer à utiliser son matériel, une fois déballé (impérativement au dehors), sans aucun délai et sans risque, quel que soit le temps écoulé et la différence des températures, puisqu'il n'a pas subi de condensation (et que le risque de gel de cette dernière est donc écarté).

Par contre si l'on veut rester travailler à l'intérieur, il faut donc attendre que l'équipement soit suffisamment remonté en température pour que, à l'ouverture des emballages improvisés, il ne se produise pas une nouvelle condensation (quand l'air ambiant va entrer en contact direct avec le matériel). Il y a cependant un net gain de temps qui est acquis, car la remontée en température suffisante demande moins de durée que celle qui est nécessaire pour arriver à une évaporation complète de la condensation habituelle.

Les effets de la luminosité

Notamment en présence de neige, en haute montagne, quand le soleil est haut dans le ciel, et que le temps est beau, l'intensité lumineuse peut être très différente de celle habituellement fréquentée, en quantité comme en qualité.

Les ultraviolets

Plus l'on monte en altitude, plus le soleil est haut dans le ciel, plus l'atmosphère est pure, et plus le spectre lumineux s'enrichit en rayons ultraviolets. Ces derniers ont l'effet actinique le plus puissant sur les surfaces sensibles (par comparaison avec le reste du spectre). Si les ultraviolets sont présents en excès, ils vont influer sur le rendu de l'image. En noir et blanc, en augmentant la sensation de voile atmosphérique, dans les lointains. Il en est de même en couleur, mais avec l'effet additionnel d'une augmentation de la présence des tons bleutés.

Selon les cas, l'on peut laisser faire, pour profiter volontairement de ces effets ; ou bien, souhaiter les limiter. Dans cette dernière hypothèse, il faut alors recourir au filtre UV neutre, au filtre jaune moyen (K2) ou orange ou même rouge (R25), pour les émulsions N&B, et avec des effets de plus en plus prononcés (depuis le premier jusqu'au dernier). Seul le filtre UV n'intervient que sur ces rayons, sans influer sur tout le reste du spectre (visible).

Avec du film en couleurs, le même filtre UV peut être employé. Si l'on souhaite également et en plus gommer la surabondance des tons bleutés, les filtres 1A et 1B sont la solution, avec leur teinte très légèrement rosée qui viendra « réchauffer » le rendu colorimétrique.

Toutes ces interventions ne sont nécessaires que pour le très proche ultraviolet car, vers les ondes lumineuses encore plus courtes (l'ultraviolet moyen et lointain), le verre optique joue alors ce même rôle de filtre, d'office (du fait de son opacité naturelle, à ces fréquences électromagnétiques).

La lumière visible

Son intensité est telle qu'elle peut parfois devenir agressive pour les yeux non protégés et fausser la mesure de l'exposition, surtout en présence de vastes étendues de neige. En effet, une cellule photoélectrique est très efficace pour calculer la bonne exposition de la pellicule, en présence d'un sujet de tonalité moyenne (idéalement un gris neutre à 17 % de réflexivité).

Comme la neige fraîche peut avoir un coefficient de réflexivité de plus de 90 %, un paysage de ce type va être « interprété », par le système de mesure, comme étant un sujet à 17 % de réflexivité, mais éclairé avec une intensité lumineuse plus de cinq fois supérieure à la réalité (90/17 = 5,29). Autrement dit, pour la cellule, la neige blanche n'est rien d'autre qu'une surface grise, très fortement éclairée, et elle va agir pour que la pellicule enregistre bien cette image avec un rendu gris, en choisissant à cette fin un couple vitesse/diaphragme correspondant à une lumination de la pellicule trop faible (donc, avec une sous-exposition). Le résultat se traduit alors par une image très foncée, où la neige semble sale, et les ombres sont complètement bouchées, en N&B. En couleurs, et surtout en diapositives, le ciel devient bleu marine, tandis que la neige prend des tonalités entre le bleu ciel et le bleu roi.

Pour mieux faire comprendre le phénomène, si, à la place de la neige, le sujet était un tas de charbon (coefficient de réflexivité à 5 %), l'on aurait alors le phénomène inverse. Pour cette même cellule, au lieu d'une zone très noire, il s'agirait là d'une surface grise qui est très peu éclairée, et elle entraînerait une surexposition systématique de plus de trois fois (17/5 = 3,4) la valeur nécessaire pour un rendu normal. Au final, le charbon, ne montrerait pas un noir intense, mais ressemblerait à un tas de poussière sombre.

Tous ces déboires proviennent du fait que la tonalité idéale et de référence (à 17 % de réflexivité), est rarement présente dans le cadre du viseur, dès que l'on s'écarte des thèmes classiques (paysages en belle saison, groupes, etc.). Autant d'objets de tonalités différentes, dans une même image, et bénéficiant pourtant d'un éclairement identique, et autant de mesures différentes, par la cellule photoélectrique. Mais, uniquement quand elle travaille en mode « lumière réfléchie » (par les objets environnants, qui apportent ainsi leur influence). Ce qui est malheureusement le cas de tous les posemètres incorporés (dans les équipements qui en sont pourvus).

Par contre, si l'on passe en mode « lumière incidente », en mettant en place un volet (ou un hémisphère) opalin, devant la fenêtre de mesure d'une cellule autonome (qui devient maintenant très utile, sinon indispensable), l'on s'affranchit totalement de la réflexivité, puisque l'on ne tient plus compte que de la lumière incidente (celle du soleil, plus celle de la voûte du ciel, essentiellement). Donc, pas de distorsion de la mesure de l'éclairement réel, et des paramètres (vitesse/diaphragme) qui peuvent être suivis et appliqués sans risques, pour avoir une neige vraiment blanche (ou un charbon vraiment noir), mais aussi des tonalités moyennes également à leur vraie place.

Sans cellule autonome, qui soit utilisable en mode « lumière incidente », il ne reste plus qu'à essayer de corriger, au jugé, les valeurs indiquées par le posemètre incorporé. Par exemple, pour un paysage très enneigé et très ensoleillé, en diminuant la vitesse d'au moins deux crans, ou bien en ouvrant le diaphragme d'autant. L'on compensera grossièrement, ainsi, mais sans obtenir une exposition idéale, sauf coup de chance. Et comment faire, dans des cas plus complexes (contre jour, éclairage latéral, importantes ombres, etc.) ? Ou avec du film inversible, devant être exposé au demi ou au tiers de diaphragme près ?

Les effets des intempéries

Parmi ces intempéries, les principales sont la pluie, le vent, la neige, le brouillard, avec un effet cumulatif possible.

S'il pleut, c'est que la température est encore positive, mais les phénomènes de condensation peuvent déjà apparaître, en extérieur, si le taux d'humidité relative avoisine les 100 %. Un filtre neutre (UV), posé devant l'objectif, pourra éviter la présence de gouttes d'eau ou de la condensation, sur la lentille frontale de l'objectif. En cas de précipitations abondantes, un abri ou un étui étanche sera à envisager (voir notre autre texte, sur la photographie sous-marine, pour en savoir plus).

La neige est surtout gênante, lors de sa fonte au contact de l'équipement, avec les risques d'infiltration aqueuse qui s'en suivent.

Le vent, outre les risques de bougé (en cas de fortes rafales), peut aggraver les effets des autres météores (pluie ou neige) par effet de cinglage (avec ces particules d'eau ou de glace).

Le brouillard peut entraîner une forte condensation, et s'il est givrant le dépôt sera directement de glace. Là encore, un dispositif étanche protègera le matériel, mais n'évitera pas les manifestations météorologiques.

D'un autre côté, c'est bien au cours de telles circonstances climatiques, que l'on réalisera parfois les images les plus belles et les plus originales...

Des matériels adaptés

Ils ne sont pas indispensables, mais ils peuvent être envisagés, surtout pour une utilisation intensive et/ou professionnelle, au cours des intempéries.

Du côté de la mesure de l'exposition, une cellule initialement prévue pour une utilisation sous-marine (comme la Sekonic marine) sera à même de résister à la plupart des plus dures conditions rencontrées en milieu froid (vent, condensation, pluie, neige, gel, poussière...). Si le modèle utilisé est pourvu d'une pile (cas des cellules CDS, silicium...), il aura les même problèmes que les appareils photographiques dans ce cas, et l'on se reportera à ce que nous préconisions, dans les paragraphes précédents.

Pour ce qui est du flash électronique, il en existe également des versions étanches, normalement utilisées en plongée sous-marine, mais qui pourront aussi faire l'affaire sur la terre ferme. Si l'on envisage des moyens d'éclairage en continu, comme les phares sous-marins de très forte puissance, il faut bien garder à l'esprit qu'ils ont été prévus pour fonctionner en milieu liquide, avec tout l'effet de refroidissement qui en découle (surtout par conduction thermique). Utilisés hors de l'eau, et même par très basse température, ils risquent de vite surchauffer.

En ce qui concerne l'appareil de prise de vue, il est évident qu'un modèle prévu d'origine pour des circonstances difficiles sera la solution idéale, qu'il soit réellement étanche (y compris à l'immersion, comme les Nikonos), ou bien du type « tout temps » (all weather) avec, dans ce second cas, des degrés divers de résistance aux agressions. Qui peut le plus peut le moins, et l'étanchéité à l'immersion garantit cette propriété dans toutes les autres circonstances (pluie, bruine...), tandis que la réciproque n'est naturellement pas vraie. Le Barouder de Fuji fut un excellent appareil tout temps, que des téméraires n'hésitaient pas à immerger jusque vers trois à cinq mètres, bien qu'il ne soit pas prévu pour cela, d'origine. Depuis, d'autres modèles sont venus occuper cette niche, du compact « all weather », dont certains modèles, parmi les moins coûteux (et les plus simples) sont proposés pour trois euros.

Deuxième option, celle de l'acquisition de l'un de ces coffrets en plastique noble (Lexan), prévus pour un modèle précis, ou bien pour toute une série de compacts, par leur fabricant. Leur seul défaut sera une certaine sensibilité aux rayures par contact avec des matières abrasives (roche, sable...), mais en se substituant ainsi à l'appareil de prise de vue, et en le protégeant donc.

Sinon, l'on aura la solution, économique, de l'enveloppe étanche souple, une sorte de poche plus ou moins universelle, et pourvue d'un gant moulé pour permettre les diverses manipulations des commandes, par l'utilisateur. Ce choix sera possible pour une utilisation point trop intensive, et il sera même quasiment obligatoire si le constructeur, ou les accessoiristes génériques, ne proposent pas de coffret en plastique spécifique et adapté à votre modèle.

Enfin, pour les plus bricoleurs, au sens non péjoratif du terme, il y a encore la voie de la fabrication maison, en s'imposant des tests rigoureux de fiabilité de sa réalisation, avant usage réel, dans l'intérêt de son matériel photographique.

Nous ne faisons qu'évoquer rapidement les enceintes étanches en métal, qui ont eu leur heure de gloire il y a quelques décennies, pour la plongée sous-marine, mais dont le coût, et surtout le poids, rendent leur usage déraisonnable en atmosphère terrestre, sauf dans des cas très particuliers et hors de ce sujet (les prises de vues en atmosphères explosives, ou très corrosives, par exemple).

Notons, au passage, qu'un système de protection des intempéries assurera toujours, mais plus ou moins selon sa conception, d'autres rôles de protection. Par exemple, en matière de chocs et de perforation. Il est également possible qui facilite parfois le maintien et l'utilisation de l'appareil de prise de vue (les grosses commandes du coffret étanche, étant plus faciles à utiliser avec des gants, que celles présentes sur le boîtier lui-même).

Si vous souhaitez en savoir plus, sur les diverses solutions de sécurisation des systèmes de prises de vues, nous vous suggérons de vous reporter aux passages appropriés de nos textes sur la photographie sous-marine, présents sur ce même site Internet.

Article réalisé d'après une contribution d'hyperfocale.


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