Restauration d'un folding


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La restauration des foldings

Vous avez compris que le plus grand souci avec les foldings est le positionnement rigoureux de l'objectif par rapport au film. A quel point est-ce donc si important ? Que l'on prenne en photo un paysage (à l'infini, ce qui vaut pour toutes les distances au delà d'une vingtaine de mètres), ou un sujet plus proche (mais peu étendu en profondeur), il faut que l'objectif soit à une distance convenable du film, que le film soit bien plat (car les optiques sont spécialement corrigées pour focaliser dans un plan) et surtout que l'axe optique soit rigoureusement perpendiculaire au plan du film. On peut facilement évaluer la netteté d'une photo en fonction de la précision de ce positionnement grâce à la notion de cercle de confusion.

Les rayons lumineux provenant d'un point d'une scène convergent après être passé à travers l'objectif dans un cône dont le sommet doit en principe se trouver dans le plan du film, afin d'en donner une image ponctuelle. Si le film est un peu en avant de ce sommet -ou un peu en arrière-, l'image formée sur le film n'est plus un point mais un petit disque qu'on appelle le cercle de confusion. Si l'on prend la photo au diaphragme D, l'angle du cône est déterminé, et une erreur de mise au point e produit un cercle de confusion de diamètre d, que l'on peut exprimer par la formule simple : d = e x D

On voit que si le film est placé 1mm en avant ou en arrière de là ou il devrait être, chaque point de la scène a pour image un petit disque de 0,5mm au diaphragme 2, 0,35mm au diaphragme 2,8, 0,25mm à 4, 0,18mm à 5,6 etc. Et la superposition de ces petits disque est responsable du flou de l'image.

En 24x36, on considère la limite du flou acceptable de 0,03mm (c'est la base du calcul des tables de profondeur de champ), et une excellente netteté à partir de 0,015mm. En moyen format, on peut accepter 0,04m et 0,02mm pour le 645 et le 6x6, et 0,06mm et 0,03mm pour le 6x7 et le 6x9.

On peut donc calculer qu'une erreur de mise au point de 1mm en 6x9 devient acceptable à partir du diaphragme16, et négligeable à partir du diaphragme 32.

A présent, supposons que l'objectif est à la bonne distance du film au centre de l'image, mais que l'axe optique n'est pas rigoureusement perpendiculaire au plan du film, mais incliné de 1° (1°, ce n'est pas beaucoup). Sur la longueur d'un négatif de 6x9, aux deux bords, on est à 4,5cm du centre, ce qui fait que d'un coté le négatif est 0,75mm plus près qu'il ne faudrait et de l'autre 0,75mm trop loin. Au centre de l'image la photo est donc nette mais près des bords, il y a des cercles de confusion de 0,18mm à 4, et la netteté sur l'ensemble de l'image ne devient acceptable qu'à partir du diaphragme 11 et vraiment bonne qu'à partir du diaphragme 22.

Conclusion : il est impératif avec des foldings qu'une fois dépliés, les ciseaux garantissent un excellent positionnement de l'optique par rapport au film aussi bien en distance qu'en parallelisme.

Les types de foldings qu'il faut préférer

On ne peut donc se servir correctement que de foldings qui ont des ciseaux robustes, sans jeux d'usure, et il est bon d'en vérifier le réglage, ce qui ne peut se faire avec suffisamment de précision qu'avec un certain nombre de pellicules d'essais.

Voici trois de mes foldings qui ont des ciseaux assez robustes pour être dignes d'une remise en service :

moskva-kinax-kodak (33K)

Le Moskva est une copie russe des Zeiss Super Ikonta, et ses ciseaux sont particulièrement bien conçus. C'est le meilleur système qu'on puisse trouver C'est mon préféré, et d'ailleurs le seul que j'utilise couramment, car c'est le seul des trois qui utilise le film 120 (au format 6x9).

Le Kinax était mon premier folding 6x9, et il donne aussi de bons résultats, mais il utilise des films 620, et c'est donc un peu plus compliqué... du coup, je le délaisse.

Le troisième appareil est un Kodak Senior Six-16, qui faisait des photos au format 67x108mm² sur de la pellicule 616, plus large que les films 120 et 620... et qu'on ne trouve plus aujourd'hui : il possède aussi un très bon système de ciseaux. Je l'ai modifié pour utiliser du film 120 et faire (par film) 7 vues quasi panoramiques au format 54x108mm. Mais pour le moment, je n'ai craqué que deux films d'essais avec, car je considère que la modification n'est pas encore finie/parfaite.

rodenstock-zeiss-lumiere (28K)

Les quatre appareils ci-dessus sont « moins » bons. Le Rodenstock et le Zeiss Ikon sont des 645 ; leur système de ciseaux est bon étant donné ce format mais sur des 6x9, il serait à peine acceptable.

J'utilise volontiers le Rodenstock, car il possède un objectif très lumineux (ouverture à 2,9 et 75mm de focale), qui de plus est étonnamment précis (par rapport à ce qui équipe d'ordinaire des foldings d'avant guerre -il date de 1933).

Le Lumière possède un système de ciseaux vraiment très passable.

Pour finir, MEGA BONNET D'ANE au Voigtlander : si vous trouvez des foldings dont l'articulation entre le corps passe-film et l'abattant est fixé par ce genre de quadrant (la pièce chromée), FUYEZ ! Ou alors, ne les utilisez que pour faire des tirages contact ou décorer une vitrine.

Quelques conseils pour la prise de vue « en folding »

La prise de vue en folding n'est pas aussi « cérémonielle » qu'en chambre grand format, mais il est tout de même recommandé de faire les choses dans un ordre déterminé, pour éviter de mauvaises surprises.

La première chose à faire est de préparer le cadrage en choisissant le point de vue. Il ne faut rien faire avant, même pas déplier l'appareil si on peut cadrer appareil plié, et surtout ne pas avoir avancé le film à l'avance.

Quand on est sûr de vouloir prendre la photo, il faut d'abord déplier l'appareil et ensuite, avancer le film. Deux raisons à cet ordre impératif :

  1. Quand le soufflet se déplie, il se produit une dépression devant le film, qui peut se bomber ou se gondoler vers l'intérieur ; il n'est donc plus sûrement à plat contre le presse-film.
  2. L'intérieur des soufflets est un piège à poussières, et si on avance le film appareil plié, par électricité statique certaines poussières peuvent être attirées depuis le soufflet très proche de la pellicule. Ensuite, au moment du déploiement, le vent de la dépression peut en détacher d'autres et les déposer aussi sur le film. Ce qui provoque au tirage des « pétouilles » noires (les poussières déposées sont photographiées « en ombres chinoises » sur le négatif), qui se distinguent des pétouilles blanches provoquées par des poussières restées sur le film au moment de l'agrandissement, par le fait qu'aucun nettoyage soigné ne pourra jamais les enlever, et qui ont l'inconvénient supplémentaire d'être beaucoup plus difficiles à retoucher.

Contre ces deux inconvénients, un seul remède : d'abord déplier l'appareil (juste avant de prendre une photo), et ensuite seulement avancer le film.

Après, il ne reste plus qu'à effectuer les trois réglages : vitesses, diaphragme, distance, puis à armer l'obturateur, choisir le cadrage définitif et déclencher.

Après le déclenchement, ne rien faire d 'autre, surtout ne pas avancer le film à la prochaine vue ! Si des poussières s'y déposent une fois la photo prise, peu importe : elles s'en iront au développement...

Avec certains foldings équipés d'obturateurs de type Compur anciens, il faut prendre une précaution supplémentaire au moment de déclencher : surtout aux vitesses les plus élevées (1/100, 1/250) les ressorts très tendus de ces obturateurs provoquent des vibrations de la platine porte-objectif (qui est en porte-à-faux très important à l'extrémité des ciseaux), et peuvent être la cause de bougés très sensibles (paradoxalement plus... aux vitesses rapides !). Il est donc recommandé pour amortir le plus possible ces vibrations de tenir l'appareil d'une main par son corps (le passe-film) et de l'autre, de serrer la platine porte-objectif : c'est une gymnastique qui peut parfois se révéler assez compliquée (ou comique ?), mais elle se justifie pleinement par des résultats nettement améliorés !

Il est donc clair qu'un folding ne se manipule pas comme un « vulgaire » 24x36, mais le jeu en vaut la chandelle.

Suite de l'article : la procédure d'essais et de réglage.

Article réalisé d'après une contribution de Paul KOPFF


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